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Abolir la Richesse
 

Le mal de notre temps, c'est peut-être bien de se laisser bercer par les affirmations généreuses, mais aussi très générales, sans chercher à se représenter avec précision quels comportements elles impliquent.

Morale et politique, ou les vacances de la probité, Edouard Claparède, 1946
 

Abolir la Richesse est une réponse.

Une réponse à John Stuart Mill qui se demandait, à la fin de sa vie, si le socialisme pouvait exister sans que soient contraintes d’une façon ou d’une autre les libertés individuelles. Il est une réponse aux gens de gauche qui, après l’effondrement du communisme, se demandent comment combattre le capitalisme sans sombrer dans un étatisme globalement rejeté par les peuples. Il est une réponse aux libéraux également qui s’interrogent sur les externalités négatives du capital et les limites d’une mondialisation qui ne cesse d’accroître les inégalités. Il est une réponse, enfin, à tous les désespérés, à tous les insoumis, à tous les dissidents qui n’aperçoivent plus, au-delà du brouillard médiatique de la bonne pensée économique et du flou des opinions multiples, ce que pourrait être l’autre monde possible dont certains évoquent l’apparition prochaine.

Cette réflexion part du constat unanime que les excès nuisent à l’existence. Or, le capitalisme, par sa définition même, impose l’excès puisqu’il astreint les agents économiques à toujours plus de puissance. Ce paradoxe d’une force à la fois nécessaire et nuisible a préoccupé des générations d’économistes depuis l’avertissement donné par Adam Smith, lui-même, dans son livre emblématique. Car, c’est une évidence, « aucune société ne peut assurément être florissante ou heureuse, si la plus grande partie de ses membres sont pauvres ou misérables. » Les tentatives de réglementation du capitalisme n’ont dès lors pas manqué et viennent chaque jour encore nourrir l’abondante littérature qui structure désormais la science économique. Mais, socialistes ou libérales, elles se heurtent inlassablement à la liberté, cette liberté qu’exigent à la fois les lois économiques, sacrées par les mathématiques, et l’émancipation toujours croissante des individus.

Comment donc autoriser la plus grande liberté individuelle, favoriser l’innovation en libérant la créativité de tous, permettre à chacun de trouver un équilibre entre ce qu’il désire et ce qu’il peut offrir, sans dériver vers l’excès, la manipulation, le harcèlement, la propagande et au final le despotisme des plus aguerris ? La solution passe fatalement par le cadre. Il ne s’agit pas de combattre le libéralisme mais d’encadrer son champ d’application. Il ne s’agit pas de contrôler les libertés mais de définir des limites, basses et hautes, entre lesquelles chacun peut librement s’exprimer. Il ne s’agit pas de réglementer les actes mais d’élaborer une éthique.

Oui, le libéralisme peut fonctionner à l’intérieur d’un cadre social. Mais à la seule et indispensable condition est que ce cadre soit un cadre et non un épouvantable corpus législatif propre à engluer la moindre initiative. Réglementer les actes et les comportements de tous, comme le font nos démocraties modernes ou comme l’ont fait les soviétiques en leur temps, ne mène qu’au despotisme. Ce n’est pas non plus en imposant un État omniprésent et omniscient, comme le réclament certains socialistes ou quelques mauvais disciples de Keynes, que nous maîtriserons le capitalisme. Les marchés ne sont efficients que s’ils restent libres et la liberté n’est possible que si rien ne vient l’organiser, la noyauter, l’obstruer. Seul un cadre relatif peut donc permettre à la théorie libérale de s'exprimer sans que la société ne sombre dans l'oligarchie. et, quel que soit le raisonnement que l'on adopte, ce cadre appelle in fine une limitation de la richesse financière individuelle.

Ce livre ouvre le débat et trace des pistes possibles vers ce nouveau monde. Il questionne le lecteur sur son besoin de richesse, sur le mode de vie "non négociable" des occidentaux et sur une éventuelle limitation des revenus. Que deviendrait notre société si une telle limite était mise en œuvre ? Serions-nous capables de survivre sans les riches ? Serions-nous capables de vivre dans une société où la richesse financière ne serait plus une valeur ?

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